Peine Perdue

jeudi 25 janvier 2007

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  • On ne sait depuis combien de temps, Marthe est emprisonnée. D’ailleurs elle se pense chez elle et ne comprend pas l’intrusion subite de Jeanne, une autre détenue, dans sa cellule. Condamnées à partager leur réclusion, les deux protagonistes vont nouer une relation mêlant complicité et hostilité. Dans cet isolement, elles trouveront un sens à leurs vies en communiquant par-delà les murs ou par-delà la vie, par courrier ou par la prière.

    La pièce d’Aurélie Jarjanette et Mathieu Gompel ne parle pas simplement de l’incarcération, mais de l’isolement . Ce pourrait être celui d’un couple âgé, enfermé chez lui, hors du temps. Semblable à une grand-mère ne vivant que pour les nouvelles de ses petits enfants, Jeanne vit dans l’espoir de revoir son propre fils, né en prison un peu malgré elle (des religieux l’ont convaincue, à force de photos de fœtus morts et autres atrocités de ne pas avorter), et qui lui a été enlevé conformément à la loi.

    Les thèmes abordés par la pièce sont nombreux : isolement, avortement, incarcération, religion...La compagnie Arts en Stock crée des images fortes et poétiques : sans périphrases compliquées, avec des scènes simples, capables de touchent beaucoup plus profondément.

    Le personnage de Marthe, doux et cruel, est très bien interprété par Anne Beaumond qui en souligne les silences et restitue avec authenticité le besoin de se nourrir des bruits de l’extérieur. Aurélie Jarjanette (co-auteur de la pièce) incarne une Jeanne effrayée dont la souffrance s’accroît avec les nouvelles de sa séparation de son enfant. La mise en scène de Mathieu Gompel met le texte au centre de la représentation, tout en l’accompagnant d’une bande sonore qui introduit dans la cellule les bruits de l’extérieur (création d’Etienne Széchényi) dans un décor simple et réaliste (de Peggy Ancelle).

    25/01/2007 - http://www.lesouffleur.net/spip.php...

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