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La Tour - Texte et mise en scène de Gérard Watkins

mardi 5 juin 2007

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  • Le titre du spectacle de Gérard Watkins, « La Tour », assume une importance tout à fait particulière : en effet la tour EST son spectacle, elle n’est pas seulement son sujet. Dès que le spectacle commence, on se retrouve autour d’un gratte-ciel dont on n’arrive pas à voir le sommet ; un dispositif scénique nous permet de voir ses différents étages ainsi que le sous-sol. Ce qui rend la scénographie encore plus prodigieuse c’est sa simplicité : en vérité il n’y a rien qui ressemble à un gratte-ciel mais tout le monde le voit. Ce qui existe c’est tout simplement la hauteur naturelle du plafond du théâtre, le reste est créé grâce aux lumières et à la bande son.

    La scène est centrale, le public est assis sur les quatre côtés de l’édifice imaginaire : les acteurs se trouvent sur un carré qui se soulève comme s’il était un ascenseur en nous conduisant en imagination aux différents étages de la tour. Quand il bouge, accompagné d’un bruit impressionnant, on voit ce qui est au-dessous. C’est le Sud du monde, un peu réel un peu imaginé : c’est là que Koffi est né, le lieu de la nature et non pas de la civilisation ; on y voit un rite funèbre où l’on parle avec les morts.

    La verticalité nous met en face de deux mondes : le très haut, qui disparaît au sommet du plateau, et le très bas, qui apparaît aux pieds des spectateurs. Monter vers le haut signifie aussi se rapprocher du pouvoir, quand on arrivera au douzième étage, on verra le Président. Mais le même mouvement peut être aussi un chemin de la mort à la vie ou vice-versa, comme pour rendre encore plus clair que la tour de Watkins c’est le monde avec tout ce qui il y a dedans. Dans la première scène, on discute à propos d’un aéroport au milieu du gratte-ciel : il permettrait aux gens de ne pas avoir à sortir de l’édifice car tout y est, les thermes, les bureaux, les tribunaux, rien ne manque.

    Watkins met en scène avec ce dispositif les problèmes du monde : une société projetée vers le haut qui exclue qui n’y arrive pas. C’est ainsi qu’on voit le parcours de Koffi du Sud au Nord mais on voit également un parcours inverse, celui de l’architecte d’à côté du Candidat jusqu’à la place de l’inculpé au tribunal. Il essaye de nous parler de tout ce genre de problèmes : les histoires se mêlent, les personnages se multiplient - les comédiens jouent jusqu’à quatre rôles ¬¬¬- on ne comprends pas toujours qui est qui. Dans ces notes l’auteur-metteur en scène cite la Bible : c’est là que l’on trouve l’une des premières tours, celle de Babel. L’idée de représenter le monde comme une tour n’est donc pas très originale, mais elle est néanmoins assez forte au théâtre, d’autant plus qu’il s’agit d’une tour gigantesque, créée avec ce qu’il y a dans tous les théâtres du monde.

    5/6/2007 - http://www.lesouffleur.net/spip.php...

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